A mi-saison, les New York Knicks sont englués dans une dynamique de mauvais résultats qui risque de leur faire encore manquer les playoffs. On a décidé de leur filer un coup de main.

Les Knicks sont dans une spirale négative inquiétante. Si mathématiquement tout reste jouable à mi-saison, la concurrence n'attendra pas que les New-Yorkais se réveillent pour engranger des victoires. Voici quelques propositions pour relancer une machine qui ne fonctionnait pas si mal il y a encore quelques semaines.

- Convaincre Carmelo Anthony de renoncer à sa no-trade clause avant février.

Melo est un superbe joueur de basket et son histoire avec New York aurait pu être belle. Simplement, il semblerait que les ingrédients qui font qu'une équipe est un vrai contender ne seront jamais réunis tant qu'il sera le franchise player des Knicks. Anthony a le talent d'une star et son professionnalisme n'a jamais été remis en question. En revanche, les fameux "intangibles" qui permettent à un joueur de tirer ses partenaires vers le haut et de créer une dynamique positive sont difficilement détectables chez l'ailier All-Star. A 32 ans, Melo semble désormais plus voué à jouer les lieutenants de luxe que les n°1, mais on imagine mal que cela puisse arriver à New York, alors que le projet de renaissance de la franchise a été axé autour de lui.

L'ancien de Syracuse est l'un des seuls joueurs NBA à disposer d'une clause lui permettant de bloquer un trade le concernant, ce qui a jusqu'ici empêché Phil Jackson de le mettre sur le marché. Le Zen Master respecte Carmelo Anthony, mais il est à peu près certain qu'il aurait cherché une autre star pour incarner son projet s'il en avait eu la possibilité. Si Jackson arrive à convaincre Anthony que ni les Knicks, ni lui, ne parviendront à jouer le titre avant la fin de sa carrière dans ces conditions, peut-être acceptera-t-il d'étudier d'éventuelles propositions extérieures. La valeur théorique du #7 reste élevée et New York pourrait récupérer des atouts immédiats ou futurs (via des futurs premiers tours) pour entourer Kristaps Porzingis qui incarne l'avenir. Sans accord de cette nature, Melo et les Knicks sont contraints de faire route commune jusqu'en 2019, sans doute dans la morosité...

- Convaincre Phil Jackson de rentrer définitivement à Los Angeles pour qu'il démissionne et se concentre sur la reconquête du coeur de Jeannie Buss.

Avec tout le respect que l'on a pour l'immense carrière de Phil Jackson, on n'a pas revu le génie et la pédagogie dont il faisait preuve sur un banc de touche dans son nouveau rôle de président. C'est triste, mais le Zen Master et ses méthodes, autant en matière de communication (ses sorties sur LeBron, Curry ou ses propres joueurs comme Melo) que sur le plan tactique, semblent dépassées et inefficaces pour gérer une franchise ambitieuse en 2017. Il lui restera un an de contrat en juin prochain, mais la mission qu'il s'était fixée à son retour aux affaires en 2014 (jouer le titre sur une fenêtre de 5 ans) est loin d'être accomplie. Il y a eu des progrès lors de la dernière intersaison après des mois de tanking, certes, mais on ne voit pas comment ce groupe peut rivaliser avec Cleveland ou même Toronto d'ici un an.

La distance a malheureusement eu raison de son couple avec Jeannie Buss, mais ils se sont séparés en excellentes termes. On conseille donc au Zen Master de passer la main à un président/GM avec une vision novatrice et de retourner à Los Angeles à plein temps pour raviver la flamme.

- Obliger les joueurs à alimenter Kristaps Porzingis en priorité plutôt que jouer en iso-Melo dès que ça va mal.

A chaque match où les Knicks ont été en difficulté ou presque, ils sont retombés dans un travers qui a miné leurs dernières saisons : filer la balle à Carmelo Anthony, le regarder fixer son défenseur et marquer en espérant qu'il renouvelle l'opération 5 ou 6 fois. Jeff Hornacek a trop rarement semblé avoir confiance en Kristaps Porzingis dans ces situations compliquées et il n'est pas rare que le Letton se retrouve sans munition pendant que New York prend l'eau. "KP" n'est pas que le futur de la franchise, il en est aussi le présent et faire de lui l'option n°1 à plein temps serait aussi audacieux que sensé.

- Recruter un meneur capable de faire plus de 5 passes décisives de moyenne par match.

Derrick Rose est l'un des meneurs titulaires les moins prolifiques de la ligue dans ce domaine avec 4.5 passes/match, derrière Tony Parker et devant Emmanuel Mudiay notamment... On sait que les qualités de l'ancien MVP sont ailleurs, mais il n'est pas normal que son remplaçant (Brandon Jennings), qui n'est pourtant pas à la base un "pass-first" point guard, soit plus fiable que lui pour délivrer des assists. Que ce soit via un trade ou en relançant un joueur sans contrat dont c'est la principale qualité, récupérer un meneur gestionnaire et/ou habile à la passe aurait dû être une priorité et doit encore l'être. Si les Knicks décident de prolonger Rose à la fin de la saison, en faire un 6e homme serait peut-être une bonne idée.

-  Ou tanker pour en drafter un dans la superbe cuvée 2017 à ce poste (Markelle Fultz, Dennis Smith, Lonzo Ball, Frank Ntilikina)...

- Renforcer le banc de touche. Kuzminskas, Hernangomez, Jennings, O'Quinn, Ndour, c'est un peu léger pour se qualifier en PO.

- Faire signer un ou deux grands-pères pour mettre de l'ordre dans le vestiaire. Les deux joueurs les plus âgés du groupe sont Carmelo Anthony et Sasha Vujacic. Pas franchement des leaders vocaux ou même des types qui savent rentrer dans le lard de leurs coéquipiers quand c'est nécessaire. Joakim Noah devrait pouvoir tenir ce rôle, mais il est pour l'instant trop occupé à retrouver un niveau physique décent.

- Laisser Jeff Hornacek s'occuper de tout ce qui concerne le terrain. Comme un coach normal quoi... Bien qu'il ait pris un peu de recul, Phil Jackson continue de tenter d'imposer quelques unes de ses idées sur le plan tactique et de demander à Hornacek d'instiller un peu de triangle à droite à gauche pour satisfaire son ego.