Cela ne fait pas longtemps qu'il est à Utah, mais, par son expérience, Boris Diaw est déjà devenu l'un des cadres de l'équipe. Entretien.

Fin mars, nous avons eu l'occasion d'aller rendre visite à Rudy Gobert et Boris Diaw à Salt Lake City et de voir à quel point ils se sont fondus dans le décor ici. Toujours aussi sympathique et débonnaire, Babac avait accepté de répondre à nos questions et à celles de nos collègues français juste avant l'un des derniers matches du Jazz à domicile avant les playoffs. Nous en avons profité pour parler un peu de son adaptation à cette nouvelle équipe, de son rôle au sein du groupe et forcément un peu... des Clippers.

BasketSession : Tu t'es très vite fondu dans le collectif du Jazz, est-ce que le fait que Quin Snyder ait coaché en Europe vous a aidé à vous entendre ?
Boris Diaw : Bien sûr. Il a un peu cette mentalité-là, il connait le jeu européen. Le fait qu'il ait coaché aussi pour les Austin Toros, l'équipe de D-League de San Antonio, faisait qu'il avait aussi l'habitude du coaching staff des Spurs, donc ce n'était pas une transition trop difficile à ce niveau-là. Il a à peu près les mêmes méthodes de travail. C'est clair que j'aurais pu plus mal tomber (sourire). En plus, on fait une bonne saison qui répond aux attentes qu'avaient le GM et le coach.

BasketSession : Dans ce jeune effectif, tu es clairement l'un des plus expérimentés. C'est ça que tu apportes au groupe ?

"En playoffs, il n'y a pas le droit à l'erreur"

BD : Sur la saison régulière, déjà, l'idée c'était de gagner en constance. Ça a été pas mal, même s'il y a quand même eu des hauts et des bas. En playoffs, c'est encore plus important parce que c'est qu'une série de sept matches maximum. Il n'y a pas le droit à l'erreur.

BasketSession : Justement, mentalement, comment ça se prépare une série de playoffs ?
BD : Le fait d'avoir déjà connu ça aide beaucoup, il n'y a rien qui remplace l'expérience. Mais c'est vrai que l'ambiance est tout de suite différente. Les playoffs, ça n'a rien à voir avec la saison régulière. Il y a pas mal de joueurs ici qui n'ont jamais connu ça encore, donc il vont apprendre à le vivre par eux-mêmes. Mais il y a aussi plusieurs gars qui sont arrivés cet été et qui ont fait beaucoup de matches de playoffs, comme George Hill ou Joe Johnson.

BasketSession : Finalement, tu auras trouvé le moyen de jouer avec Joe Johnson, vu que vous aviez été échangés l'un contre l'autre quand il était à Phoenix et toi à Atlanta...
BD : (Rires) Effectivement.

BasketSession : En tout cas, vous donnez vraiment l'impression d'avoir un bon groupe.
BD : C'est vrai. On a un groupe qui est assez complet, assez homogène, ça fait plaisir de jouer dans un système comme ça.

"Les Clippers, c'est une équipe physique. Ils nous ressemblent un peu dans leur façon de jouer."

Boris Diaw Blake Griffin

BasketSession : Cette fois, c'est Rudy qui t'a accueilli dans l'équipe. Est-ce qu'il t'avait réservé un petit bizutage comme tu as pu lui faire subir en équipe de France ?
BD : Non, non, il n'a pas osé (rires).

BasketSession : Comment tu trouves la ville de Salt Lake City ?
BD : J'adore vraiment la région. Jusque-là, ma région préférée parmi celles où j'ai habité c'était Phoenix, mais là j'aime bien ce coin. C'est le grand ouest américain, il y a tous les parcs nationaux autour et puis les montagnes. C'est un endroit vraiment sympa.

BasketSession : Justement, ces parcs nationaux, tu arrives à en profiter pendant la saison ?
BD : Ceux qui sont loin, non. Mais par contre, le fait d'aller juste dans les montagnes à côté ou à Park City, j'y vais assez régulièrement. Je suis allé sur le lac salé et sur les salt flats de Bonneville (une plaine couverte de sel au Nord-Ouest de l'Utah - ndlr), ça fait comme une espèce de miroir d'eau, c'est magnifique ! Mais j'irais sur les parcs un peu plus lointains comme Zion ou Yellow Stone après la saison.

BasketSession : A San Antonio, vous bougiez souvent avec Manu Ginobili et Patty Mills pour découvrir de nouveaux restaurants durant les road trips. Tu as retrouvé un club culinaire ici ?
BD : (Il sourit) Pas autant. A San Antonio, on était assez connus pour ça, mais ici ça arrive de temps en temps quand on fait des petits repas d'équipe en déplacement.

Joe Ingles passe en se marrant : Tu fais des interviews toi ? Place moi une dédicace, je suis Australien mec ! (Rires)

BasketSession : Les Clippers, c'est un peu devenu votre ennemi juré, non ?
BD : Non, non. C'est une équipe physique et qui joue bien. Ils nous ressemblent un peu dans leur façon de jouer, avec une certain homogénéité dans l'équipe et pas mal de joueurs capables d'être polyvalents. De toute façon, en playoffs, toutes les équipes sont difficiles à battre.