Les Cavs mènent 2 à 0 contre Indiana. Pour autant, leur incapacité à défendre avec constance est très inquiétante.

Les Cavs n'ont pas l'air inquiets une seconde. Pourquoi devraient-ils l'être, après tout ? LeBron James, Kyrie Irving et Kevin Love ont pour la première fois inscrit au moins 25 points chacun dans un match de playoffs la nuit dernière et vont se déplacer à Indianapolis pour le game 3 de leur série contre les Pacers en menant 2-0. Ce n'est pas pour doucher l'enthousiasme des fans de Cleveland, mais il y a quand même de quoi se demander si les champions en titre sont vraiment capables de faire coup double.

Pour le moment, les Cavs vivent, survivent presque, sur leurs acquis offensifs. La variété de ce que peuvent proposer LeBron, Irving, Love ou même JR Smith et Tristan Thompson reste assez incroyable et peut faire plier n'importe quel adversaire aguerri. On l'a vu la saison passée. Mais bon sang, que leur défense est effrayante par instants !

Si les joueurs de Tyronn Lue veulent réaliser un nouveau sweep au 1er tour, ou même simplement s'éviter des séries au long cours sur la route des Finales, ils ne peuvent pas s'en tenir à ça. Le potentiel offensif des Pacers est relativement faible, ou tout du moins limité aux cartons de Paul George et à la réussite aléatoire des seconds couteaux. Pourtant, Cleveland a deux fois de suite versé dans le "gruyère time" cher à George Eddy depuis le début de cette série en laissant Indiana revenir dans le coup alors que le match paraissait bouclé.

LeBron James Cleveland Cavaliers LeBron James n'est pas aussi impliqué défensivement que les années passées.

Dans ce game 2, la franchise de l'Ohio a compté jusqu'à 19 points d'avance, avant de multiplier les erreurs et d'afficher une forme de paresse et de suffisance qui a permis aux Pacers d'exister à nouveau. Il y a eu des pertes de balle évitables (6 pour LeBron), certes, mais c'est au niveau de l'intensité et de l'intelligence de jeu que les Cavs ont encore péché. Peu ou pas d'aides défensives, des box out loupés, un manque d'agressivité criant et de l'espace laissé à foison à leurs vis à vis... Tout le monde a paru en dedans pendant de longues minutes. On aurait pu parler d'accident si ça n'avait pas déjà été le cas dans le game 1 et, surtout, sur plusieurs séries de matches pendant la saison régulière.

LeBron ménage ses efforts...

Le second unit, justement là pour apporter une énergie différente, est particulièrement dans le viseur après ces deux premiers matches. Une équipe un peu plus inspirée que les Pacers jouera small constamment sur Channing Frye et le forcera à jouer au poste. Richard Jefferson et Kyle Korver ont de la bouteille mais de moins en moins de cannes pour contenir les actions adversaires et proposer une défense exigeante. Seul Iman Shumpart, entré en jeu pour remplacer JR Smith blessé, a donné le change et réveillé le groupe. Cela dit, les remplaçants ne sont pas les seuls à blâmer.

A l'exception de Kevin Love, qui ne ménage pas ses efforts en dépit d'un talent défensif de base limité, les autres cadres sont en difficulté. LeBron James est la cible de quelques reproches depuis quelques semaines. Le "Chosen One" ne met plus autant d'intensité défensive que par le passé, non seulement parce qu'il n'a pas l'air d'avoir encore envie de se démultiplier, mais aussi parce qu'il garde probablement un peu de jus pour les étapes à venir. En saison régulière, on l'avait rarement vu abdiquer aussi souvent sur des contres attaques ou laisser autant de marge de manoeuvre à ses adversaires directs. Son exercice 2016-2017 a été très bon, mais ce relâchement très visible incite à le placer un cran derrière le trio Harden-Westbrook-Leonard dans la course au titre de MVP.

On ne doute pas de sa capacité à élever son niveau dans ce secteur au moment opportun. Un peu plus de celle du reste de l'équipe. Remporter l'Est dans ce schéma ne parait pas du tout impossible. On peut considérer, comme Charles Barkley l'a supposé sur le plateau de TNT,  si les Cavs défendent aussi peu, ou du moins avec aussi peu de constance, ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas les qualités pour le faire, mais parce qu'ils savent qu'à la moindre accélération ou au moindre petit regain de sérieux dans leur moitié de terrain, ils feront la différence sur toutes les équipes de la Conférence, de Boston à Indiana. En cas de troisième volet contre les Warriors, ce sera en revanche beaucoup plus compliqué de ne pas prendre l'eau...