Chris Paul a encore une fois fait la différence cette nuit. Cela peut sembler bizarre vu son palmarès vierge mais CP3 est un crack en playoffs.

Il y a plusieurs angles à prendre en considération pour résumer ou expliquer le succès des Los Angeles Clippers face au Utah Jazz cette nuit. L’absence de Rudy Gobert est un facteur très important. Sans lui, même le vieillissant Paul Pierce s’est frayé un chemin vers le cercle. Et plus qu’une fois ! La belle prestation du banc des Californiens mérite d’être souligné. Les rebonds offensifs captés par DeAndre Jordan et Luc Mbah A Moute ont été précieux. Mais s’il ne faut retenir qu’un seul élément, alors mettons en avant la performance de Chris Paul. Le meneur des Clips a encore une fois été brillant. Il a compilé 21 points, 10 passes et 3 interceptions.

Il y a un mythe qui entoure CP3 en playoffs. Il a une réputation – pas forcément injustifiée mais pas complètement vraie non plus – de loser. C’est vrai qu’il est demandé aux meilleurs joueurs de mener leur équipe vers les sommets. En plus de dix ans de carrière, Paul n’a jamais dépassé le deuxième tour. A ce stade, ce n’est plus un hasard. Il y a quelque chose qui cloche, que ce soit physique (sa taille ?) ou mental. Le bilan collectif ne plaide clairement pas en sa faveur. Mais sur le plan individuel, le meneur All-Star est une machine au printemps.

Il y a des moments en playoffs où votre équipe ne peut se reposer que sur un seul homme. Quelques possessions de suite. Souvent très importantes. Lorsqu’il faut recoller au score ou prendre l’avantage. Pour le Jazz, ces moments-clés sont arrivés dans la fin du troisième quart cette nuit. Ils couraient après le score. Ils avaient besoin de marquer un panier. La balle circulait moins bien. Sur ces séquences, la star prend seule le dessus sur son ou ses vis-à-vis. Un rôle qui revient, de fait, à Gordon Hayward, seul All-Star de l’effectif de Salt Lake City. Mais son expérience des playoffs est encore limitée. Cette pression du très haut niveau, il ne la maîtrise pas complètement. Il a certes inscrit 20 points… mais à 5/15. Avec justement beaucoup de ratés au moment où les seconds couteaux des Clippers ont fait la différence.

Le Jazz peut compter sur Joe Johnson. Le vétéran prend lui aussi ses responsabilités dans les moments chauds. Ce n’est d’ailleurs pas du tout un hasard si c’est « Iso Joe » qui a offert la victoire à son équipe lors du premier match de la série. Maintenant, devinez donc qui a planté dans le plus grand des calmes le panier pour égaliser à quelques secondes du buzzer dans le Game 1 ? Chris Paul, évidemment.

Une action décisive évidemment oubliée. Normal, les Clippers ont perdu. Au passage, bravo à Jamal Crawford pour avoir orienté Johnson, droitier, vers l’axe sur sa main forte. Paul a fini le premier match avec 25 points, 7 rebonds, 11 passes et 3 interceptions. Ainsi qu’un différentiel positif. Il était encore plus efficace cette nuit avec ses 21 points à 9/15. C’est juste une habitude pour lui. Ceux qui le suivent depuis ses débuts savent qu’il hausse toujours son niveau de jeu en playoffs. Pour preuve, ses statistiques globales en carrière en PO : 21,1 points à 48% aux tirs, 38% à trois-points, 4,7 rebonds, 9,4 passes et 2,3 interceptions. De moyenne. En carrière.

Il a planté les paniers importants contre le Jazz cette nuit. Des tirs à mi-distance anodins une fois sortis de leur contexte (une fois le match terminé) mais terriblement cruciaux sur le moment. Des shoots pour maintenir son équipe à +8, pour enrayer la mécanique du Jazz, pour rassurer ses coéquipiers. Tout ce qu’il fait chaque année en playoffs depuis maintenant dix ans. Il est souvent dit que l’équipe qui possède le meilleur joueur sur le terrain finit par remporter la série. Sur cet affrontement, il n’y aucun doute sur l’identité du bonhomme. C’est Chris Paul.