La confiance des Golden State Warriors est au beau fixe. Personne ne semble pour le moment devoir contrarier leur espoir de décrocher un nouveau titre.

Ne hurlez pas. On sait très bien que beaucoup de choses peuvent arriver avant et pendant les Finales. L'idée n'est pas de dire que les playoffs n'ont aucun intérêt, loin de là. Simplement, avec le niveau qu'ont affiché les Golden State Warriors ces dernières semaines, on est en droit de se demander si une équipe parviendra à les mettre en difficulté sur le chemin d'un deuxième titre NBA en trois ans. Après deux petits matches contre Portland, maîtrisé pour le premier, surdominé pour le second, on a quelques petits éléments de réponse.

OUI, parce que...

- Les Cavs ont beau posséder le meilleur joueur de la planète, ils n'arrivent toujours pas à se montrer convaincants en défense depuis le début de la saison. Si on part du principe que les deux équipes vont se retrouver en Finales pour le troisième (et dernier ?) volet de leur saga, difficile à l'heure actuelle d'imaginer Cleveland verrouiller TOUS les atouts dont disposent les Warriors en attaque. La saison passée, la méforme physique et psychologique de Stephen Curry avait limité les possibilités pour Steve Kerr et aidé LeBron et sa bande à réussir un comeback insensé. Le double MVP en titre a l'air plus frais cette saison et n'a plus toutes les responsabilités à endosser maintenant que Kevin Durant est dans la place. Du coup, même si Curry venait à faillir à nouveau, Golden State aurait cette fois des alternatives pour profiter des largesses des champions 2016.

LeBron James Cleveland Cavaliers LeBron James et les Cavs n'ont pas encore arrêté l'opération portes ouvertes en défense.

- Kevin Durant. Le MVP 2014 a été économisé dans le game 2 face aux Blazers, mais on a pu voir depuis son retour de blessure et avant qu'il ne soit touché, qu'il était un atout incroyable pour cette équipe. En attaque, évidemment, mais aussi en défense, où sa longueur et son activité sont dissuasives pour toutes les équipes de l'Ouest et très certainement pour les Cavs aussi...

- Même sans KD, ça tourne très bien. Laissé au repos dans le game 2 contre Portland, l'ancien ailier d'OKC a vu ses coéquipiers défendre le plomb et ne prendre que 81 points malgré la forme que tenait jusque-là le duo Lillard-McCollum. Collectivement, Golden State est tout simplement l'équipe la plus solide et cohérente du panel.

Ils suscitent le désespoir chez pas mal d'analystes crédibles. Jeff Van Gundy, qui regarde tous les matches des Warriors et de leurs concurrents de par son rôle de consultant sur ESPN, a expliqué dans The Lowe Post avant même le début du 2e tour : "La saison est déjà finie. Golden State va être champion et très largement. Personne n'est capable de les mettre en difficulté".

NON, parce que...

- On a vu la saison dernière que même l'équipe la plus victorieuse de tous les temps en saison régulière et la plus spectaculaire offensivement depuis quelques décennies peut faillir le jour J. Ce n'est pas parce que Kevin Durant a rejoint les Warriors que tout accident est à exclure sur le plan mental.

- Deux équipes semblent quand même capables de leur barrer la route vers le trophée, ou au moins de gagner plus d'un match face à eux dans une série : San Antonio et Cleveland. On oublie un peu vite les Spurs, sur lesquels devront a priori passer les Warriors avant d'atteindre les Finales. Sans faire de bruit, les Texans ont fait une saison remarquable et ont trois atouts à opposer à Golden State : leur coach, l'un des meilleurs de tous les temps si ce n'est le meilleur, leur expérience (Pau Gasol, Tony Parker et Manu Ginobili sont plus proches de 40 ans que de 30 et LaMarcus Aldridge est en NBA depuis 11 ans) et le meilleur two-way player de la ligue en la personne de Kawhi Leonard. Aussi forts soient les Californiens défensivement, personne ne peut se targuer de contenir à 100% Leonard des deux côtés du terrain.

Kawhi Leonard Pau Gasol Talent cheaté et expérience, la photo qui résume bien les Spurs.

- Si KD est absent contre San Antonio ou Cleveland, ce sera très handicapant. On expliquait plus haut que les Warriors jouaient très bien sans Kevin Durant. C'est vrai, mais cela a aussi ses limites. Contre de grosses écuries, on peut supposer l'envergure prise par l'intéressé dans l'effectif aurait du mal à être compensée. Titulariser Patrick McCaw ou JaVale McGee dans une série face aux Spurs ou aux Cavs, ce serait gênant... "Je pense que si Durant rechute, les chances des Warriors de remporter le titre seront fortement réduites. Je pense même qu'ils n'auront pas l'occasion de gagner si c'est le cas, parce qu'il est devenu essentiel à leur dispositif cette saison", a prévenu Rick Barry, légende des Warriors chez Bleacher Report.

- LeBron James. C'est assez simpliste, mais généralement la seule évocation de ce nom permet de justifier les chances de l'équipe au sein de laquelle il évolue de remporter le titre. Psychologiquement, le "Chosen One" a pris l'ascendant et rien ne dit qu'il ne sera pas capable de faire 4 one-man shows début juin pour entrer un peu plus dans l'histoire. Andre Iguodala ne paraît d'ailleurs plus vraiment capable d'être un "LeBron stopper" comme en 2015...