Comme chaque saison depuis six ans, le King domine la cote Est du pays. Un règne sans partage qui n'est pas prêt de prendre fin.

LeBron James et les Cleveland Cavaliers ont fait comme si de rien n'était. Ils n'ont pas paniqué. Perdre cinq fois en sept matches n'a pas suffit à semer le doute dans l'esprit des champions en titre. Pas plus que les 113,1 points encaissés sur 100 possessions au mois de mars. Soit la deuxième plus mauvaise marque sur la période derrière les putrides Los Angeles Lakers officiellement en mode tanking. Les Cavs ont même brièvement cédé les commandes de la Conférence Est. Provisoirement seulement. Moins d'une semaine plus tard, ils ont corrigé les Boston Celtics (114-91) pour reprendre place la pole position. Un message envoyé ? Chris Mannix de The Vertical décrivait un vestiaire tout sauf euphorique après la large victoire lors d'un des chocs les plus importants de la saison... régulière. Entre octobre et février, c'est juste le business habituel. Pas de raison de s'inquiéter, ni de s'enflammer.

"J'ai joué six finales de suite, mec." LeBron James

"J'ai joué six finales NBA de suite, mec. Je suis la dernière personne à qui il faut poser des questions sur un match de saison régulière", coupait un LeBron James arrogant mais réaliste en marge de l'affiche entre Cleveland et Boston.

Après tout, c'est un fait. Il a bel et bien atteint les finales NBA six années consécutives, série en cours. La saison régulière est plus un passage obligatoire avant les playoffs qu'un réel objectif pour lui. Il sait bien que ses équipe, qu'il s'agisse du Heat avant et des Cavaliers aujourd'hui, sont scrutées et analysées dans le moindre détail. Elles font constamment les gros titres. Des périodes de crises avant les playoffs, il en a connu d'autres. LeBron a bouclé seulement deux saisons avec plus de 70% de victoires au cours des six dernières années. Et pourtant, il était encore en tenue au mois de juin à chaque fois...

Les principaux adversaires des Cavaliers ne sont pas (encore) au niveau...

isaiah thomas Pronos Boston Thomas est valeureux mais esseulé au scoring quand il s'agit d'affronter Cleveland.

Jouer six finales de suite relève presque autant du talent incroyable du King que de la faible opposition rencontrée sur la cote Est du championnat. Même quand les Cavaliers sont en-dessous de leurs propres standards d'excellence, ils restent au-dessus du lot. La faute à une absence de concurrents réellement crédibles au sein de leur Conférence.

Au complet, les Celtics sont proches des indicateurs numériques qui caractérisent les candidats au titre - à savoir figurer dans les tops 10 des ratings offensifs et défensifs. Mais ils sont trop dépendants des performances d'Isaiah Thomas au scoring. Et le meneur de poche a beau être un formidable attaquant, il est esseulé. Facile à cibler. Le All-Star a inscrit 26 points lors du dernier duel entre les deux équipes mais Cleveland a passé un 22-4 à Boston quand IT a pris place sur le banc dans le second quart temps. Tous les espoirs de la franchise du Massachusetts reposent sur les épaules du plus petit joueur NBA. Ce dernier devra se faire violence et afficher une réussite insolente face à des défenses encore plus physiques et encore plus agressives une fois la saison régulière terminée. Lui qui n'a encore jamais passé un tour. Les C's ont des atouts mais ils manquent encore d'une base solide pour réellement se métamorphoser en candidat aux finales NBA après avoir été éliminés au premier round les deux saisons précédentes.

Les Washington Wizards ont aussi des arguments. Mais ils sont inconstants. Et finalement encore assez inexpérimentés au plus haut niveau du plus haut niveau. Ils ont encore beaucoup d'étapes à franchir avant d'accéder réellement au statut de candidat au titre. Les Toronto Raptors ont un peu plus de certitudes - ils ont accroché deux matches aux Cavaliers en finales de Conférence l'an passé - et ils se sont renforcés en février. Mais eux aussi ont manqué de régularité. Même s'ils ont atteint le troisième round en mai dernier, leur campagne était laborieuse (qualifications en sept manches contre les Indiana Pacers puis le Miami Heat).

... Parce qu'ils n'ont pas un joueur de la trempe de LeBron James

Les Cavaliers ont gagné 8 des 10 matches contre Toronto, Washington et Boston

Les principaux outsiders de la Conférence Est n'ont jamais vraiment mis les Cavs en difficulté. LeBron James et sa bande l'ont fait tout seul. Mais ils ont remis les pendules à l'heure à chaque fois qu'il le fallait, comme ce fut le cas lors du dernier match contre Boston.

En cumulé, Cleveland n'a perdu que deux fois (pour huit victoires) contre Toronto, Boston et Washington. Ils ont dominé les Celtics 3-1 avec un net rating de +5,9. Ils ont balayé les Raptors (3-0). Les Wizards sont peut-être ceux qui ont offert la plus forte résistance (2-1, net rating de +0,4). A chaque fois que les troupes de l'Ohio ont croisé le fer avec l'un de leurs concurrents, LeBron James a sorti le bleu de chauffe pour faire la différence. Il flirte avec le triple-double de moyenne sur ces matches disputés les trois équipes citées ci-dessus.

Mais ce n'est pas parce que l'opposition est moins relevée qu'à l'Ouest que les Cavaliers doivent s'attendre à un parcours sans embûches jusqu'en finales NBA. La mauvaise manie qu'ont les hommes de Tyronn Lue d'alterner le très bon et le carrément mauvais pourraient leur jouer des tours. Cette équipe a aussi ses failles. Ses fondations ne sont peut-être pas aussi solides que celles des Golden State Warriors par exemple. La défaite embarrassante contre les Hawks cette nuit en est un nouvel exemple.

Ce n'est pas tant que les Cavaliers sont imbattables. Disons plutôt que leurs adversaires n'ont pas les armes pour les battre, justement. Ils n'ont pas un LeBron James capable de masquer à lui tout seul toutes les petites lacunes de son équipe. Dans le fond, on pourrait presque se poser cette question : la Conférence Est est-elle trop faible ou le King est-il juste vraiment trop fort au point de décrédibiliser toute concurrence autre que celle des Warriors ?