Nikola Jokic a surpris tout le monde par son explosion au plus haut niveau... sauf lui-même. En pleine confiance, le big man des Nuggets est déjà prêt pour la suite.

En voyant l'entraînement des Denver Nuggets, on se rend compte à quel point ce groupe est encore jeune. Mis à part les deux honorables fossiles Jameer Nelson et Mike Miller, le reste de la team a plus des allures d'escouade NCAA que de team de vétérans NBA. Et parmi ces jeunes talents, c'est celui de Nikola Jokic qui fait de plus en plus parler. Les NBA Global Games de Londres étaient l'occasion de poser quelques questions au big man serbe pour essayer d'en apprendre un peu plus sur sa progression et ses aspirations.

BasketSession : Ton éclosion en NBA a pris beaucoup de gens par surprise. Comment as-tu vécu la transition entre l'Europe et la grande ligue ?
Nikola Jokic : C'est vraiment plaisant. Tu joues un nouveau match tous les jours, donc si tu fais un mauvais match, tu sais que le lendemain tu en as un autre et tu peux repartir de zéro. Les gens bossent dur parce qu'ils veulent tous progresser au maximum. C'est vraiment un environnement idéal.

BasketSession : Après un mauvais match, tu arrives à passer rapidement à la suite ?
NJ : Tu y repenses forcément le soir avant de t'endormir, mais après ça tu oublies. Tu es obligé de faire ça si tu veux pouvoir t'adapter. Dans l'ensemble, les coaches ici ont développé une mémoire à court terme et c'est ce qui leur permet d'enchaîner comme ça (il sourit).

Nikola JokicBasketSession : La NBA avait toujours été ton objectif où tu te serais bien vu rester en Europe ?
NJ : Ça toujours été mon but, mais en même temps je ne voulais pas me contenter du rôle qu'on donne souvent aux joueurs Européens en NBA, du genre « Tu es un big man européen, occupe-toi seulement du rebond ». Je voulais montrer à tout le monde ce dont je suis capable et devenir un joueur NBA à part entière. Quand tu regardes aujourd'hui, nous sommes plusieurs à avoir réussi à faire ça : Giannis, Karl-Anthony Towns, Embiid, Porzingis... Maintenant, si tu es grand et mobile et que tu prouves à ton équipe que tu peux faire la différence, tu peux avoir du temps de jeu.

BasketSession : Giannis et toi avez pas mal de choses en commun. Vous avez tous les deux commencé par jouer dans des secondes divisions en Europe avant d'exploser en NBA.
NJ : C'est vrai, d'ailleurs on s'est joué cet été en match amical en sélection - on les a battus d'ailleurs (rires). Mais c'est un super joueur. C'est le meilleur joueur des Bucks et l'un des jeunes les plus forts en NBA. Il est en train de changer le jeu. Sur le terrain, il fait ce qu'il veut.

BasketSession : Tu penses que c'est important pour les joueurs européens qu'il soit sélectionné pour le All-Star Game ?
NJ : Oui, je le pense vraiment. Les Européens ont beaucoup plus d'opportunités de venir jouer ici qu'ils n'en avaient que par le passé..

BasketSession : Tu as le sentiment que les équipes te ciblent plus maintenant ?
NJ : Non, pas vraiment. Mais nous non plus tu sais. On prépare un plan de jeu pour stopper l'équipe adverse, pas un joueur en particulier.

BasketSession : Tu as changé de régime alimentaire, non ? Tu as l'air plus affûté.
NJ : Oh oui, carrément. Je ne bois plus de soda et j'essaie de manger de plus en plus sainement. C'est de mon corps qu'il s'agit et il faut que j'en prenne soin si je veux pouvoir faire mon job du mieux possible.

BasketSession : Steve Hess (le préparateur physique des Nuggets – ndlr) dit que tu es un gros bosseur.
NJ : C'est vrai, mais en même temps il ne faut pas faire n'importe quoi. Reposer ton corps au bon moment peut être aussi important qu'une bonne séance d'entraînement.

BasketSession : C'est comment de bosser avec Steve Hess au jour le jour ?
NJ : (Il s’illumine) Oh la la ! C'est un super coach et un mec en or ! Son énergie est folle, ça te pousser à te donner à 100% à chaque entraînement. C'est un boosteur incroyable parce que tout ce qu'il veut, c'est que tu sois aussi performant que tu peux l'être.

Bonus : la séance d'entraînement culte de Steve Hess avec Chris Andersen