Annoncé comme un prodige, le GM du Orlando Magic Rob Hennigan a manqué son coup. Retour sur 5 années de trades et d'opérations manqués.

Le 12 aout 2012, le Orlando Magic accédait à la requête de Dwight Howard en l'envoyant à Los Angeles après plusieurs mois passés dans une ambiance délétère. Rarement un trade avait engagé autant de joueurs et de franchises. Jugez plutôt le détail de la transaction.

ORLANDO - Arrivées : Nikola Vucevic, Maurice Harkless, Josh McRoberts, Christian Eyenga, un premier tour de Draft 2014 (Dario Saric, tradé immédiatement contre Elfrid Payton), un 2e tour 2013 (le très oubliable Romero Osby) et un premier tour 2017. Départs : Dwight Howard, Earl Clark, Jason Richardson et Chris Duhon.

DENVER - Arrivées : Christian Eyenga, Josh McRoberts, un premier tour. Départs : Arron Afflalo, Al Harrington, un 2e tour de Draft 2013, un 1er tour de Draft 2014.

LOS ANGELES - Arrivées : Dwight Howard. Départs : Andrew Bynum, Christian Eyenga, Josh McRoberts

PHILADELPHIE - Arrivées : Andrew Bynum, Jason Richardson. Départs : Andre Iguodala, Maurice Harkless, Nikola Vucevic, un premier tour de Draft.

Un trade qui, après coup, était une belle opération pour le Magic compte tenu des circonstances et de ce que la franchise a récupéré, en particulier Nikola Vucevic et de bonnes positions à la Draft. C'est plutôt à la suite de ce blockbuster trade que Rob Hennigan, annoncé comme le nouveau petit génie dans le monde des GM, a enchaîné les deals curieux, audacieux et au final manqués, pour ne pas dire désastreux. Voici les moves et les choix qui vont pousser la franchise à repartir de zéro ou presque, après avoir donné l'impression d'aller dans la bonne direction et même annoncé son ambition de participer aux playoffs.

Tobias Harris, l'atout dilapidé

En février 2013, le Magic lâche un autre joueur emblématique en la personne de JJ Redick, monnaie d'échange appréciable, envoyé à Milwaukee pour récupérer Tobias Harris (ainsi que Doron Lamb, Beno Udrih et du cash). Une bonne pioche et un joueur d'avenir capable de se joindre au noyau dur du projet. Du moins c'est ce que l'on pensait, jusqu'à ce qu'en 2015 Hennigan décide de trader Harris, pourtant performant, contre... Ersan Ilyasova et Brandon Jennings, dans le cadre de ce qui ressemble à un panic move. Les deux hommes s'en iront quelques mois plus tard, l'un dans le trade d'Oladipo à OKC, l'autre en fin de contrat pour devenir le 6e homme des Knicks... Harris est lui l'un des hommes de base de Stan Van Gundy à Detroit.

Maurice Harkless lâché contre... rien

Arrivé dans le cadre du blockbuster trade de Dwight Howard, Harkless est un joueur polyvalent et prometteur, pas forcément mis en valeur par ses statistiques. Sa 3e saison en NBA est tronquée par les blessures, ce qui le fait tomber en disgrâce aux yeux du front office. En juillet 2015, il est envoyé à Portland contre... un second tour de Draft 2020 dont on ne verra probablement jamais la couleur. Dans l'Oregon, Harkless est un aujourd'hui un membre important de la rotation de Terry Stotts, qui apprécie se qualités défensives au poste 3. Le poste 3, tiens, pile poil le secteur le plus déficient à Orlando ces derniers temps...

Oladipo, l'espoir abandonné

Pas de bol pour le Magic, la cuvée 2013, celle où les Floridiens se sont retrouvés en meilleure posture après la loterie (2nd pick) est l'une des plus faiblardes depuis longtemps (Anthony Bennett en 1st pick...). Avec la facilité du recul, on peut se dire que Rudy Gobert ou Giannis Antetokounmpo étaient disponibles à ce stade, mais Orlando pensait quand même tenir avec Victor Oladipo un joueur sur lequel axer son projet grâce ses qualités athlétiques et son potentiel défensif élevé. Intéressant mais pas suffisamment aux yeux de la direction, Oladipo est envoyé (avec le 11e pick de la Draft Domantas Sabonis) à OKC à la fin de la saison dernière pour faire venir Serge Ibaka. Sur le papier, Ibaka est évidemment un joueur confirmé et de talent, mais son contrat est expirant et ses prestations récentes loin d'être encourageantes. Après quatre mois décevants, "Air Congo" rejoint Toronto contre Terrence Ross. Oladipo et Sabonis sont eux tous les deux titulaires à OKC, une équipe qui jouera sauf surprise les playoffs dans la Conférence Ouest...

Channing Frye valait plus que ça

En février 2016, Channing Frye quitte Orlando contre un 2e tour 2016 et Jared Cunningham, que le Magic coupera immédiatement. Certes, Frye n'était pas ce que l'on peut appeler un joueur d'avenir, mais Orlando n'a très probablement pas retiré assez de cette transaction. L'intérieur au shoot soyeux a prouvé dans un rôle de remplaçant à Cleveland qu'il valait plus qu'un second tour de Draft et est devenu champion quatre mois après son arrivée. Le second tour de Draft est finalement revenu à Portland, qui s'en est servi pour recruter Jake Layman.

La Draft 2014, finalement...

On n'a pas envie d'enterrer complètement Elfrid Payton, qui s'exprime un peu mieux en sortie de banc ces dernières semaines, mais difficile de ne pas reconnaître qu'on attendait plus de lui. Assimilé à un Rajon Rondo avec des qualités défensives supérieures et un bon QI basket, Payton, échangé le jour de la Draft 2014 avec Dario Saric, a beaucoup de mal à être régulier et fiable. Son shoot est branlant et sa faculté à un devenir un playmaker d'élite poste question. Avec Philadelphie, Saric a déjà montré de très belles choses et son profil de stretch-4 ferait du bien au Magic dans l'optique de coller aux standards NBA actuels.

Hezonja, l'erreur de casting ?

Mario Hezonja deviendra peut-être l'un des meilleurs joueurs européens de sa génération. Mais en attendant, le Croate n'a pas du tout réussi à trouver un terrain d'expression favorable à Orlando, qui l'a drafté en 5e position en 2015. Comme toujours, il est facile de le dire deux ans plus tard, mais le Magic aurait pu se pencher davantage sur d'autres joueurs pas encore choisis. Au hasard : Myles Turner, Devin Booker, Justise Winslow ou Emmanuel Mudiay... Pas sûr en tout cas que Mario Hezonja fasse de vieux os à Orlando, à moins que la franchise n'opte pour une vraie approche de tanking et fasse jouer ses plus jeunes éléments à foison.

Evan Fournier, l'exception

Puisqu'il faut une exception pour confirmer la règle, saluons le choix de Rob Hennigan de laisser filer Arron Afflalo, l'élément le plus fiable du groupe, pour récupérer Evan Fournier et l'anecdotique Devyn Marble. Depuis ce trade, Fournier est devenu un basketteur bien plus efficace et prolifique qu'Afflalo, en perdition à New York et Sacramento après avoir joué pour quatre équipes différentes en trois ans. "More Champagne" a lui signé un joli contrat l'été dernier et paraît, pour l'heure, à l'abri des grandes manoeuvres qui se préparent vu sa marge de progression encore importante.