Tyreke Evans cartonne au sein d'une équipe des Pelicans privés de ses cadres. L'ancien joueur des Kings est bourré de talent mais peut-il vraiment s'inscrire dans le projet de la franchise ?

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Tyreke Evans s’apprête à boucler ce qui sera seulement sa cinquième saison dans la ligue. « Seulement », car on a parfois le sentiment que la natif de Chester a connu autant de carrière que d’exercice NBA. Chaque année est un nouveau recommencement pour Evans. On l’a d’abord connu comme un meneur de jeu du futur, un Rookie Of The Year capable d’aligner des statistiques comparables à celles de LeBron James, Michael Jordan ou Oscar Robertson lors de leur première saison dans la ligue (20,1 pts, 5,3 rbds et 5,8 pds pour « T-Rex » lors de son année rookie). Il a ensuite été décalé arrière, un poste qui convient mieux à son physique (1,98 m, 100 kg) mais pas à ses qualités naturelles de scoreur balle en main. Les Kings ont même essayé de le faire jouer à l’aile. Shooteur trop irrégulier, Tyreke Evans a vu ses statistiques baisser saison après saison. A-t-on placé trop d’espoir – et surtout trop vite – en lui ?

Les New Orleans Pelicans n’ont pas douté. Ils ont misé 44 millions sur quatre sur lui. Une sacrée somme, surtout que le backcourt est déjà bouché avec Jrue Holiday et Eric Gordon, deux autres salaires à huit chiffres. Ils ont même sacrifié Robin Lopez et Greivis Vasquez dans l'échange...Après avoir joué meneur, arrière et ailier, Evans se retrouve… sans poste fixe. Les Pelicans expliquent vouloir le faire sortir du banc, puis hésitent à la place dans le cinq… bref, la chute se poursuit. Cerise sur le gâteau, le joueur tire la tronche et se affirme dans la presse que Monty Williams, son coach, ne lui a jamais spécifié précisément son rôle. A l’approche de la fin de la saison, Tyreke Evans a retrouvé son mojo. Cette nuit, il a planté 41 points, son record en carrière, face au Thunder.

« J’avais le sentiment que personne ne pouvait m’arrêter. Je repérais les brèches dans la défense et j’attaquais le cercle. Le coach a fait du bon travail en laissant opérer sur le pick&roll, balle en main », expliquait le joueur au Times Picayune après la rencontre.

« En me laissant opérer balle en main… » Effectivement, Tyreke Evans est capable de créer du jeu, de finir près du cercle ou d’attirer l’attention de la défense pour servir ses coéquipiers démarqués. Mais pour cela, il a besoin de la gonfle. Entre les mains. Jetons un rapide coup d’œil à l’évolution des statistiques de l’ancien joueur des Kings tout au long de la saison. Hormis un bon mois de décembre (15 pions de moyenne), Evans a stagné autour des 10-11 points de début novembre à fin février. Jrue Holiday, le meneur titulaire, s’est blessé en décembre. Eric Gordon, considéré à tort comme un shooteur – il est certes capable de tirer de loin mais il est avant tout attiré par le cercle et son jeu sans ballon est loiiiiiiiiiin des standards de Ray Allen et Dwyane Wade – l’a rejoint à l’infirmerie un peu plus tard. « T-Rex » avait le champ libre. Sans les deux autres cadres du backcourt, il a la liberté de remonter la gonfle, de jouer les pick&roll et d’attaquer le cercle. Il flirte à nouveau avec la barre symbolique des 20 points, 5 rebonds et 5 passes. Mais comment l’intégrer à l’équipe lorsque Holiday et Gordon reviendront de blessure ?

Tyreke Evans est meilleur lorsqu’il a la gonfle entre les mains. C’est un fait. Il est sans doute une option plus rentable que Gordon, souvent blessé. Mais c’est justement pour cette même raison que les Pelicans ne parviendront pas à transférer l’ancien joueur des Clippers, trop grassement payé, trop irrégulier et trop souvent absent. La franchise ne dispose ni de choix de draft, ni d’espace sous le Salary Cap pour recruter cet été. Les Pelicans, et Evans, sont bloqués. Heureusement, il y a Anthony Davis, le futur meilleur joueur de la NBA (notez-le).

Les highlights de Tyreke Evans cette nuit